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Blue Regard

On est deux et on regarde tout ce qui nous entoure : la vie, les gens, ... N'hésitez pas à laisser des commentaires ça fait toujours plaisir ! Alexandra & Gabriela

Le moulin

Le moulin

Tous les jours, la même chose, le même sentiment, la même rengaine. Les jambes moulinent, comme des larmes silencieuses, invisibles, impalpables, absentes mais à la fois si proches. Comme si elles avaient toujours été là. Et la vitesse. Le tourbillon qui ne cesse d'aller plus vite, plus vite, trop vite. Les pensées qui se bousculent, les corps sans vie qui s'entrechoquent, mais il faut aller plus vite.

On se croit sur le bon chemin, on marche dans le brouillar, sans vraiment savoir, sans vraiment se soucier. On sent la terre sous nos pieds, mais on a pas assez de recul pour la voir vraiment. On admire le mur qui nous sert de repère. On le suit, on ne le quitte pas. Un regard autre part et c'est foutu. Le mur se ressemble, toujours. C'est comme si on était toujours au début.

Autour de nous, il y a les autres. Les autres corps, les autres que l'on ne peut pas voir. Ils ne semblent pas se soucier, ou peut être qu'ils cachent bien leur jeu. Ils ne savent pas ce qu'ils font, ni pourquoi ils le font, mais ils se laissent bercer, aspirant à la vie meilleure tant promise. Parce que c'est ce qu'il y a, au bout du tunnel, au bout du chemin, au bout du refrain, qui va vite, toujours plus vite.

Et les mains se rejoignent. Elles se touchent, elles se palpent. Elles aiment à se découvrir toujours plus ainsi. Elles se caressent, elles se sentent bien et voudraient ne jamais se lâcher, mais, ironie du sort, finissent toujours par être séparées. Et on nous répète la même chose : c'est la vie. C'est la rengaine, c'est l'espérance, c'est le moulin des jours tristes.

Et un jour on se réveille, on ne sait plus où on est. Le moulin ne tourne plus, pour nous. On laisse aux nouveaux le soin de se perdre à leur tour. On regarde le moulin, de loin, il tourne encore, gémissant, allant plus vite, avec une frénésie ardente. On voit l'enssemble du décor : les autres moulin, les autres mains qui tournent sans savoir pourquoi. Nous, on ne sait toujours pas pourquoi non plus. Tout ce qu'on sait, c'est qu'on a assez donné.

Alors on s'installe bien au fond de son fauteil, contemplant de la rengaine, la chanson qui ne touchera jamais fin, au moulin qui tourne, vous berçant jusqu'à ce que vos yeux se ferment, admirant une dernière fois de loin l'endroit où vous avez laissé vos larmes, votre cœur et votre âme : le moulin des jours tristes.

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